Naufrage à l’Ile Maurice: la crainte d’un désastre écologique

Le samedi 25 juillet 2020, un navire japonais s’échoue dans le plus grand lagon de l’Ile Maurice, sur un récif à la Pointe d’Esny.  Ce bateau contenait 3800 tonnes de fioul et 200 tonnes de diesel. Les médias ont imméditament alerté sur les risques d’une catastrophe écologique. Le 6 août 2020, 800 à 1000 tonnes de fioul se déversaient dans les eaux, provoquant ainsi une épaisse marée noire huileuse. De nombreuses ONG, associations et citoyens se sont mobilisés pour essayer de nettoyer l’eau polluée, sans protection, avant que l’État n’intervienne. 

Suite à cet évènement impactant considérablement l’avenir de la faune et de la flore, mais aussi des habitants de l’île, l’État Mauricien a déclaré l’état d’urgence environnementale et a annoncé la mise en place d’une indemnisation de 800 roupies (17,40 euros) par jour pour venir en aide aux 450 pêcheurs de la région.

Cet épisode rappelle  le naufrage de l’« ERIKA » avait eu lieu en 1999 au large de la Bretagne, laissant s’échapper 20 000 tonnes de fioul lourd. La pollution des eaux et des côtes avait conduit le juge français à préciser les obligations de l’État en matière environnementale.   Ainsi,  cette affaire a été l’une des premières à reconnaître le « préjudice environnemental », en plaçant l’écologie comme un principe de droit, contre lequel l’atteinte est passible d’une faute civile, voire d’un délit.

Les enjeux environnementaux sont cependant souvent transnationaux, relevant des pays dans lesquels les dégâts ont lieu, mais aussi, des autres pays qui peuvent en subir des conséquences directes ou indirectes. 

Le droit à un environnement sain est un droit en devenir et n’est pas expressément mentionné dans les accords internationaux. Il reste pour le moment une condition préalable à la réalisation d’autres droits humains, tels que le droit à la vie, à l’alimentation, à la santé ou à un niveau de vie suffisant. De la sorte, la jurisprudence en la matière est encore très souvent rattachée au droit de l’individu, notamment par le fait que les conséquences environnementales impactent directement la vie des personnes. Les textes européens de protection des droits fondamentaux sont donc, pour l’instant, un rouage essentiel des obligations des États en la matière. 

Siwar Ben Rejeb